ressentir les lieux

La rencontre

Cette maison est une rencontre. Abandonnée depuis plusieurs années lorsque nous l'avons découverte, son charme était masqué par le temps et les différents occupants précédents. Pourtant, elle nous a touché. Son énergie était douce, belle, sereine. Nous avons ressenti ce qu'elle pouvait devenir et redevenir. La maison E est tout d’abord un lieu qui a une histoire. Ancienne maison traditionnelle, bâtie dans les années 20 dans un airial (nom donné dans les Landes aux clairières où se nichaient les fermes et leurs dépendances) au cœur de la forêt. À l'origine, elle était habitée par les ouvriers qui pratiquaient le gemmage (récolte de la résine de pin). Cette activité, aujourd’hui perdue, fût très développée jusqu’aux années 50.
Nous avons aimé sa sobriété, ses volumes simples et son implantation au coeur du terrain qui n'était autre chose qu'un champ en friche. Une maison dans un champ, le rêve ! Brute, simple, sauvage, cela nous promettait de faire entrer plus d'authenticité et de nouveaux repères dans notre vie. À la rencontre avec la maison, s'ajoute la rencontre avec ce chêne multicentenaire à l'aura magistral, au cœur du jardin, et cette magnifique forêt environnante.

La maison est implantée dans un airial que nous partageons donc avec quelques propriétaires de maisons alentours. C'est agréable de vivre une vie à la campagne sans être complètement isolé, paratger avec les gens qui nous entourent, échanger des oeufs contre des biscuits sortis du four, prêter des outils ou recevoir de l'aide... Vivre simplement, dans un bon esprit.

Nous avons apporté quelques modifications à la maison, pour réunir les petits espaces du rez-de-chaussée et ouvrir une grande fenêtre, comme un tableau sur la nature, laissant entrer le soleil de tous les côtés. C'est un espace très ouvert, facile à vivre, où les carreaux de terre cuite rosée se gorgent de lumière, lui donnant un air de maison de vacances. À l'intérieur, nous l'avons habillé de matières naturelles, souvent brutes et meublé de l'essentiel, sans l'alourdir. Beaucoup de meubles et objets sont chinés, recyclés, valorisés.  C'est un espace où se dessinent librement plusieurs endroits à vivre pour lire, se reposer, cuisiner, travailler, manger, contempler, se réchauffer près du feu... tout y est confortable et sans encombre.

Passer l'été dans cette maison m'inspire la Toscane, la terre cuite se réchauffe alors que la maison reste fraîche derrière les volets entrebaillés, laissant filer juste quelques rayons de soleil sur le sol — la palette des couleurs sèches et les balades d'automne près des ruisseaux rappellent les bayous de Louisiane — le silence de l'hiver, la nature si calme, expriment la nudité des terres Landaises d'origine, cela plairait à Henri David Thoreau — quant à l'effervescence du printemps, entre les herbes hautes et l'appel de l'océan, il chante la promesse des longues journées dehors et des ciels étoilés. C'est l'expression de toutes les saisons qui rendent cet endroit si magique. C'est à la fois un lieu où le temps s'arrête et un lieu où le temps passe sans jamais se ressembler. La pluie y est belle, les vents soufflent forts, les orages sont ténébreux et le soleil est saisissant. Nous ressentons pleinement les éléments, le jardin témoigne de cette nature vivante qui nous entoure et que nous avons la chance d'habiter.

La côte Atlantique est connue pour ses magnifiques plages mais l’on peut aussi s’échapper de l’océan, ne pas céder à l’appel du sable fin, le temps de s’aventurer dans ces immenses forêts aux multiples atmosphères. Entre lacs, forêts et océan, se cache la maison E. La nature qui l'entoure est une inspiration continue. Aujourd'hui, cette maison respire les rencontres, les échanges, les grandes tablées, le partage... Je serais ravie de vous y accueillir lors des rendez-vous que nous organisons.

A bientôt,
Caroline