Charlotte Cova-Coquillaud est franco-britannique et a principalement grandi en Afrique.  

Le voyage fait partie de son ADN. Elle suit son mari dans ses aventures professionnelles, ils sont arrivés à São Paulo avec leurs deux fils de 11 et 14 ans, et leur chienne, en pleine pandémie, en février 2021.  Elle se forme à la photographie, à la couleur et à l'artisanat local au rythme de ses voyages et a pour projet un livre d‘art / magazine dont l'objectif est d‘éveiller les consciences sur les enjeux de demain. 

CHARLOTTE COVA-COQUILLAUD 

À la rencontre des peuples racines en Amazonie

CHARLOTTE, TU VIENS DE PARTIR À LA DÉCOUVERTE DE COMMUNAUTÉS D'AMAZONIE POUR APPRENDRE AUPRÈS D'EUX. PEUX-TU NOUS PARTAGER LEUR VISION DU MONDE ACTUEL ?

Nous sommes partis 3 semaines en juillet, au cœur d‘une région du monde, où semblent se tourner tous les regards. L‘Amazonie. Une région qui couvre une superficie de 13 fois la France, pour vous donner une échelle. Nous sommes restés dans deux communautés distinctes, la première dans l'état du Pará, la seconde proche de Tefé, dans l'état d'Amazonas.

Les communautés où nous sommes restés occupent des terres indigènes depuis environ 100 ans. Le schéma est celui d'une famille venue s'installer et qui s'est élargie. Ils commencent à s'ouvrir au tourisme, appuyés par des ONG qui cherchent à leur donner les moyens de communiquer avec le monde.

Leur vision de ce dernier est celle qui est acheminée par la technologie et véhiculée par la télévision et internet. Le manque d'investissement du gouvernement dans l'éducation, qui pour moi est la clé d'un futur plus serein, leur a ôté la capacité à user du libre arbitre. Parfois même tragiquement, les amenant à signer des documents sans les comprendre vraiment, qui remettent leurs terres aux mains du gouvernement. Triste réalité, mais, qui m'a permis de comprendre à quel point, l'éducation est importante sinon vitale, quand se joue l'avenir du monde.

J‘espère que leur vision du monde, aidée comme je le précisais plus haut, par des ONG bienveillantes, leur permettra de continuer l‘admirable travail entrepris et basé sur la confiance. Quand je demande à un de nos guides quelles sont ses attentes quand arrive un groupe de visiteurs, sa réponse est “l‘échange - ce que nous avons à apprendre de vous et à vous transmettre“.

ENTRE AUTRES RÉGIONS DU MONDE, LA FRANCE A SUBI DE MULTIPLES FEUX DÉVASTATEURS CET ÉTÉ. LA VÉGÉTATION ET LES ANIMAUX ONT BEAUCOUP SOUFFERT. LE CHANGEMENT CLIMATIQUE EST EN COURS, CE N'EST PLUS UN RISQUE MAIS UNE RÉALITÉ, AU PRÉSENT. QU'EST-CE QUE CES PEUPLES VIVANTS AU CŒUR DE LA PLUS GRANDE FORÊT PRIMAIRE T'ONT APPRIS QUI POURRAIT ÉVEILLER LES CONSCIENCES OCCIDENTALES À CE SUJET ? 

Comme tu le dis si bien, tout comme la pandémie, le changement climatique touche tout le monde. Personne n'est à l'abri. L'air que nous respirons, l'eau que nous consommons, sont deux nécessités que nous avons tous en commun. Notre éveil, et prise de conscience dépend en grande partie de notre curiosité. Et pas besoin d'aller loin pour mettre cela en pratique, il suffit de cultiver sa curiosité localement. Les arbres, les cours d'eau visibles ou non, les oiseaux, les bruits, les fruits et les fleurs sauvages, les odeurs. En arrivant à São Paulo, qui est une mégalopole urbaine faite d'une ligne infinie de tours de ciment, j'ai été surprise en sortant mon chien, dans un des derniers quartiers verts de la ville où nous vivons, par la diversité de l'écosystème. J'y trouve même des remèdes naturels ! En prêtant attention aux petits riens du quotidien, que l'on ignore trop souvent, on prend conscience de ce qui nous entoure et de ce que l'on doit chérir. On aiguise sa curiosité, on s'approprie les savoirs, on devient plus responsable, car on se sent au cœur du système. Il cesse de nous échapper.

Pour être en mesure de recevoir, il faut se défaire des nombreuses couches dont on est constitué. Se défaire de la peur, faire confiance, en remettant notre sécurité entre des mains inconnues. Accepter l‘inconfort relatif, mais qui semble tant éloigné du concept de vacances forgé par l‘industrie du tourisme depuis trop longtemps. Remettre l‘effort au cœur de ses actions.

Tous nos guides, durant ces trois dernières semaines, tirent leurs connaissances de leurs ancêtres et de ce qui les entoure. Trésors de savoirs tels que celui des arbres et plantes médicinales, des sons de chaque oiseau, du niveau des cours d'eau, ou comment mesurer la quantité de poissons, la fabrication artisanale de la farine de manioc, d'objets artisanaux d'une beauté simple et pourtant si poétique. Leur confort, leur sécurité en dépendent. Certains suivent des cours d'agroécologie, d'autres se spécialisent dans le tourisme et la transmission du savoir de la communauté à l'extérieur, en proposant des expériences immersives comme celles que nous venons de vivre. Ils confirment bien que pour vivre plus en harmonie avec la nature, il faut cultiver la culture du local et le bon sens. 

 

 

 

 

 

 

 

 

TU M'AS CONFIÉ QUE L'UN D'EUX T'AVAIT DIT CETTE PHRASE "NOUS SOMMES LES DERNIERS GARDIENS".  EST-CE QUE L'ÉCO-ANXIÉTÉ EST UN SENTIMENT QUI EXISTE CHEZ EUX ? 

Comme toujours lors de mes voyages, j‘ai été frappé par les sourires et la joie de vivre, plus particulièrement par celui de Xavier, notre guide dans la forêt primaire et secondaire de la communauté Atodi, sur le Rio Arapuins dans l‘état de Pará. Sa vision, partagée par la plupart, est une vision concrète et très locale des menaces qui les guettent. Pour nous, derniers gardiens du monde, pour eux, derniers gardiens de leur territoire. Des superficies immenses, impensables, où leur seule arme est la volonté de ne rien céder. Leur lutte se porte sur l‘extraction de minerais prohibés qui cause des empoisonnements au mercure, la pêche illégale qui impacte leurs quotas, la pression de grandes entreprises qui cherchent à s‘approvisionner en bois. Nous avons pu assister à une réunion entre communautés pour s'entre-aider quant aux solutions à mettre en place pour lutter pour la défense de leur territoire. Contraints de s'adapter. Que ce soit aux éléments naturels et au changement climatique, comme à la montée du fleuve de plus de 10 mètres chaque année, contre une fois tous les 10 ans avant. Confinés 6 mois par an, avec des récoltes à reprendre de zéro. Aux températures qui grimpent, aux effets de modes et au progrès, comme par exemple, l'exploitation du Munguba, dont le fruit produit une texture qui fut utilisée pour la fabrication de matelas, a causé d'énormes dégâts dans les années 70. 

Le sourire de Xavier est des plus radieux, lors de notre longue marche, où les enfants trouvent que je pose trop de questions. Il s'amuse de nous faire déguster des larves vivantes très savoureuses, de nous transmettre la recette qui guérit des gastrites à base de lait de Sucuba et d'huile d'Anaconda. Il est fier de faire partie du projet communautaire initié par l'ONG Saúde & Alegria et dont ils sont aujourd'hui les garants. Et il y a de quoi.

Son inquiétude, que le projet s'arrête comme durant la pandémie, où que moins de personnes de la communauté n'y soient favorables. Les derniers gardiens veillent avec comme armure, celle de l'amour infini pour leur patrimoine, cette terre fertile aux arbres centenaires, sans savoir que sans eux, ce patrimoine qui est aussi le nôtre remet en cause la bonne marche du monde.

COMMENT ENVISAGENT-ILS DEMAIN  ?

Au jour le jour. Ils sont forcés par l‘univers hostile dans lequel ils évoluent de s‘adapter. La réserve Mamirauá dans l‘état d‘Amazonas couvre une superficie de 25 000 hectares, sur un territoire de 1 300 000 hectares, aucune erreur de zéro, je vous assure. Notre cerveau européen a bien du mal à modéliser ce type de grandeur. Leur "demain", consiste à avoir assez d'essence pour leur bateau ou de diesel pour faire tourner leur générateur et donc un accès à l'électricité, éviter les dangers du quotidien à base de caïmans, fourmis, serpents et autres, se nourrir, et défendre leurs biens contre la tentation et de céder aux sirènes de l'appât du gain.  

Ceux que nous avons rencontrés, espèrent que plus d'étrangers viendront, soutenant l'économie locale (aucune personne en dehors de la communauté ne peut y travailler) et participeront ainsi à la protection d'écosystèmes à la biodiversité extraordinaire. Dans cette communauté, seuls les membres de la communauté peuvent travailler à la Pousada de la réserve (équivalent d'un hôtel familial ici au Brésil - le Uakari lodge compte 8 bungalows flottants), créée à l'initiative d'un institut de recherches biologiques. La boucle est bouclée. Les guides reçoivent les connaissances scientifiques et la conscientisation écologique qui leur manque, et en repartant dans leurs villages, les transmettent à leurs enfants. Cet exemple communautaire est admirable et prouve qu'il fonctionne. On revient sur le principe de communauté, qui m‘est cher.

TU ES AUSSI UNE GRANDE PASSIONNÉE D'ARTISANAT. COMMENT VAS-TU À LA RENCONTRE DES ARTISANS LOCAUX AU FIL DE TES VOYAGES ?

L'artisanat pour moi est le mode d'expression culturelle le plus noble que je connaisse. Il est fascinant de voir ce qui est créé en fonction de sa localisation géographique, de ses besoins. Une phrase m'est restée du directeur de mon musée préféré à Mexico, le Musée des Arts Populaires, où j'ai eu la chance de suivre plusieurs stages d'artisanat : "Les artisans sont ceux qui prennent le mieux soin de la terre et de l'environnement car sans matières premières pour la fabrication, ils ne peuvent créer". 

Mes premiers cours d'artisanat au Mexique, se sont déroulés chez un grand maître de l'art des Alebrijes, dans son petit appartement. Cela m'a permis d'apprendre l'espagnol et m'immerger dans la culture et les croyances de ce merveilleux pays. Les mains dans le cambouis, j'ai appris à décrypter les objets, les distinguer, et respecter ces savoir faire ancestraux. 

Mon radar se met en marche dès que je voyage, je cherche les ateliers d'artisans, à lancer des discussions, échanger, comme à la communauté Coroca où nous sommes restés récemment, dont la spécialité est le travail de la feuille de palmier Tucuma. Nous nous sommes, avec les enfants, invités à un cours dans une des familles, auprès de Nilda et son mari Oginaldo. Outre le fait de voir mari et femme à l'œuvre, nous sommes repartis avec autant de noms de teintures naturelles, de techniques, que d'inspiration. Ce passage chez l'artisan m'est absolument vital quand je voyage. Pour moi, un lien authentique entre la terre et l'homme. L'artisanat, le savoir-faire, les traditions ont illuminé ma route de belles rencontres comme celle de Perla Valtierra rencontrée dans une merveilleuse hacienda d'amis chers près du mythique Popocatepetl, de Laetitia, ethnologue de formation qui s'est installée à Oaxaca et soutient des projets artisanaux exceptionnels pour ne pas les voir disparaitre via son site Entre leurs mains.

QUELS DÉTAILS DE LA VIE QUOTIDIENNE TE PLAISENT AU BRÉSIL  ?

La joie de vivre, la chaleur humaine, la musique, le street art. Les perruches bruyantes, aussi nombreuses que les pigeons parisiens, la papaye et les caramboles que l'on peut cueillir en pleine ville. Les pistes cyclables que j'arpente pour échapper à la circulation dense et le métro de São Paulo. Les soleils couchants de ma terrasse. Les arbres aux racines gigantesques et la terre rouge. La diversité des paysages, d'un pays XXL. Le Brésil est aussi multiple que ses origines. Pays neuf, où se sont mêlés le plus de migrants d‘Europe, du Japon, Moyen Orient et d‘Afrique. Le plus grand carrefour de mélanges de traditions, de cultures et de croyances que j‘ai eu à connaître. J‘avoue un faible pour leur conception de l‘art qui transpire partout et sort du cadre du musée. J‘ai pu suivre un cours de Lambe Lambe, technique d‘affiches collées au mur, dont l‘ambassadeur le plus connu est JR. À voir ce que j‘en ferai !

COMMENT GÉREZ-VOUS LA QUESTION DE L'IMPACT ENVIRONNEMENTAL DU VOYAGE AUJOURD'HUI ?

Nous avons décidé de voyager autrement. Prendre l'avion au Brésil est incontournable compte tenu des distances, mais, à l'arrivée la marche est devenue le dénominateur commun de presque tous nos voyages pour plusieurs raisons. Elle suppose un effort. On se défait de tout superflu, et c'est un pas après l'autre que l'on avance, à son rythme. On s'éloigne du bruit du monde, on se retrouve seul au milieu de la nature quelle qu'elle soit en fonction du lieu où on se retrouve. Dormir chez l'habitant, n'avoir que l'essentiel dans son sac à dos, se dépasser, tisser des liens, lire à la lueur d'une lampe frontale, sont autant de récompenses. Dans la valise, ce sont des shampoings solides, des vêtements de seconde main et un herbier que l'on va privilégier. Je me rends bien compte, en écrivant que cela doit paraître très cliché, mais c'est le prix à payer pour être cohérent. 

TU VOYAGES EN FAMILLE, AVEC TON MARI ET VOS DEUX ENFANTS.

QU'EST-CE QUI A MOTIVÉ CETTE DÉCISION ?

J'ai grandi à l'étranger toute ma vie. Voyager est une forme d'émancipation. Goûter au monde, une porte ouverte pour mieux le comprendre. Mais peut-être devrais-je préciser quelle définition je donne au mot "voyager". Plus qu'un déplacement d'un point à un autre, c'est une plongée dans autre chose. On sort de ce que l'on connait pour partir en exploration d'un autre mode de fonctionnement. Pour moi, le voyage n'a de sens que si on s'imprègne suffisamment du lieu en s'autorisant à le sentir, le toucher, l'entendre. Chaque destination a ses codes, son empreinte et c'est ce qui fait la richesse du monde. Mesurer l‘impact que nos choix de consommation, faire sens est partie intégrante de la solution, pourraient résumer notre devise.

Nos enfants sont nés à l'étranger, ce qui naturellement s‘est instillé dans notre mode de vie. La chaise longue sur la plage n‘étant pas forcément synonyme de vacances pour nous, être en mouvement nous convient bien. Le plus dur finalement, est de les désintoxiquer de la vie urbaine, les arracher aux écrans qui sont consommés avec infinie modération pourtant à la maison. Dès que le signal du wifi est perdu, ils deviennent la meilleure version d'eux même. Et à tous ceux qui pensent que les enfants ne peuvent pas marcher, les 80 km de trekking dans la Chapada Diamantina en conditions très difficiles pour cause de boue (2 mois de pluie exceptionnelle liée au changement climatique), finiront par convaincre les plus récalcitrants. 

JE PENSE QUE TU DOIS AIMER LES MOTS D'EDGAR MORIN "ÉDUQUER, C'EST ÉMANCIPER". OFFRIR AUX ENFANTS L'OPPORTUNITÉ DE LA RENCONTRE, DE LA CURIOSITÉ ET S'AFFRANCHIR DU SYSTÈME ÉDUCATIF CLASSIQUE... QU'EST-CE QUE LE VOYAGE APPORTE À LEUR ÉDUCATION ? 

Cette question me met en joie. Mes deux fils sont multi DYS, et leur relation à l'éducation nationale, houleuse. Ils suivent le programme dans un lycée français, seul fil rouge d'un pays à l'autre pour eux, au milieu de nos déménagements. Il nous a fallu/faut, pour mon mari et moi, sortir du conditionnement et de l'idée que nous avions/avons du rôle de parent, afin d'accompagner William et Lucas dans leur vie de futur citoyen. 

L‘Amérique latine est le continent qui a le plus souffert en terme d‘éducation pendant la pandémie. Les enfants sont restés un an en ligne sans contact physique avec l‘école et son écosystème, avec la chance d‘avoir cet accès que l‘on prend pour acquis. J‘ai dû devenir maitresse, animatrice, orthophoniste et psy pendant cette période. La prise de conscience pour moi qui voyait l‘école comme un lieu d‘apprentissage où je déposais les enfants le matin a été énorme. Je ne crois plus que l‘éducation nationale soit une réponse à elle seule, en tous les cas pas pour mes enfants. 

Je crois en revanche, que tous nos voyages sont une manière pour eux de voir concrètement à quoi servent leurs apprentissages, comme par exemple l'importance des multiplications dans l'apiculture, les obligent à sortir de leur zone de confort et s'ouvrir à un monde de possibles. Rencontrer une biologiste spécialiste du Pirarucu (poisson de 3 mètres endémique de l'Amazone), Marco guide merveilleux du parc National du Lençois Maranhenses, qui se dirige au milieu de ce désert aux lagons translucides, grâce aux étoiles, ou découvrir des hommes qui tricotent sur l'île de Taquile sur le Lac Titicaca, sont, je l'espère autant de façons différentes que d'envisager l'avenir. Nous avons d'ailleurs créé un espace, @pluriel_du_singulier où les enfants s'approprient leurs découvertes, ou les réponses à leurs questionnements, sur fond de petits reportages documentaires. Une clé pour moi, pour ne pas passer à côté du voyage. 

MERCI BEAUCOUP POUR CET ÉCHANGE CHARLOTTE, POUR TA CONFIANCE ET TON ENTHOUSIASME LORSQUE JE T'AI PROPOSÉ CETTE INTERVIEW POUR la maison E.

Je me reconnais totalement dans ton univers, ta démarche, tes valeurs. Prendre le temps, la poésie du quotidien, la sophistication de la simplicité, l'art, l'artisanat et la nature. Produire peu, mais produire bien. Je ne mesure toujours pas la chance que j'ai d'avoir croisé ta route, cette proposition que tu m'as faite que d'écrire et partager avec toi et ta si belle communauté un peu de ce qui m'anime. 

Plusieurs milliers de kilomètres nous séparent géographiquement, mais je pense sincèrement que nos communautés n‘ont jamais été si proches, grâce à un des aspects magiques de la technologie quand on s‘en sert à des fins positives. J‘espère que vous aurez pu sentir le Beiju de manioc qui cuit, humer le parfum subtil de la canopée après l‘ondée, aiguiser votre regard face à autant de palettes de vert.

POUR SUIVRE CHARLOTTE :

@cherry_on_the_cactus 

Photographies Charlotte Cova-Coquillaud

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